Mondialisation et Etat providence (V)
l’Argentine au Sénégal, qui ont vu leur Etat piétiné par le FMI, au nom du sacro-saint libéralisme globalisant.
- Les organisations non gouvernementales et supranationales
Aux institutions internationales, il faut ajouter le rôle accru dont jouit la société civile (ONG, associations, collectivités locales, entreprises), capable d’influer ou d’interférer dans les relations internationales, et perturbant le jeu de la diplomatie traditionnelle, dont les Etats forment les principaux protagonistes. Le Traité d'interdiction des mines antipersonnel ou le revirement de l'industrie pharmaceutique sur les prix des thérapies du sida dans les pays en développement, résultent largement de l'engagement des organisations non gouvernementales, de militants associatifs ou syndicaux, qui s'efforcent de mobiliser autour d'eux énergies et moyens financiers. En outre, la régulation universelle par le biais d’organisations mondiales (OIT, OMC) et la création d’organisations régionales, sorte de microsome de la mondialisation (Asean, Alena, Mercosur et UE) peuvent s’inscrire aussi dans ce processus de globalisation dont la régionalisation et la décentralisation sont quelques-uns unes des expressions. Concernant l’Union européenne[1] , l’association permanente de plusieurs Etats souverains en une communauté, en une union, quelque nom qu’on lui donne, relève du thème du fédéralisme, confinant au supranationalisme et mettant à l’épreuve la conception moderne de la souveraineté. Transfert diront les optimistes, diminution les pessimistes.
B. La perte de la souveraineté économique et financière de l’Etat[2]
- Le tourisme fiscal sans frontière
[1] Sans vouloir trop polémiquer, c’est sous impulsion bruxelloise que Les publicités télévisuelles pour les livres sont devenues obligatoires et que l’on assiste aux derniers jours du CNC (qui proposait un système, unique au monde, de redistribution d’une partie des recettes de films ayant rencontré un certain succès pour les « petits films »). Ce qui est proprement honteux.
[2] Cf. Le piège de la mondialiation, H.-P. Martin, H. Schumann et « L’Etat face à la mondialisation » Michel Seymour, (sur le web) pour un développement plus exhaustif.
[3] Ainsi, BMW, en pratiquant un transfert pricing, a réussi a diminué sa contribution fiscale de 95 % entre 1988 et 1993, date à laquelle l’entreprise a trouvé le moyen d’afficher des pertes en Allemagne, se faisant ainsi rembourser plusieurs millions de marks par les services des finances, malgré des profits en hausse. En 1997, l’entreprise a, en outre, réalisé dans sa filiale belge un tiers des bénéfices totaux de l’entreprise, sans que l’on y ait produit une seule voiture. La Belgique, comme l’Irlande, facilitent les coordination centers (les groupes peuvent centraliser toutes les espèces de prestations de services, comme la publicité, le marketing, le conseil juridique, etc.).